Cap aux bords – Rencontres cinématographiques en Lot-et-Garonne

 

CAPVSW

 

Evènement organisé du 09 au 16 juillet 2018 par la Ligue de l’Enseignement de Lot-et-Garonne, conçu et proposé par Patrick Leboutte, au cinéma L’Utopie à Sainte-Livrade-sur-Lot

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"Lorsque la vie et le monde laissent autant à désirer,
il faut bien faire quelque chose. Il faut intervenir"
(Nicolas Bouvier, L'échappée belle). 

Prenant la suite des Rencontres de Laignes (2012-2017), devenues au fil des ans un des rendez-vous culturels les plus hospitaliers de l'été, "Cap Aux Bords- Rencontres Cinématographiques en Lot-et-Garonne" est une manifestation conçue et proposée par Patrick Leboutte et organisée par la Ligue de l'enseignement du département. Ces rencontres se tiendront au cinéma L’Utopie, à Sainte-Livrade-sur-Lot, en partenariat avec l’Ecran Livradais, le Bureau d’Accueil de Tournage de Lot-et-Garonne, Ecrans 47, la Maison de l'Europe et tous les cinémas lot-et-garonnais qui souhaiteront s’y associer. "Cap aux bords" est soutenu par le Conseil Départemental de Lot-et-Garonne, la Ville de Sainte-Livrade, la Communauté d’Agglomération du Grand Villeneuvois, la DRAC d’Aquitaine, le Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine et le Rectorat de Bordeaux .

S'il revêt la forme d'un festival international mais inspiré par les réalités locales, cet événement se veut d'abord lieu de travail et de vie, de partage et d'enseignement, alternant séminaires et projections (notamment de films en chantier, une de ses singularités), mêlant tournages collectifs dans la cité (une autre de ses spécificités) et diverses festivités (ciné-concert, performances musicales, séances en plein air, moment de marche et pique-nique au bord de l'eau). Imaginé et vécu sans chichis ni palmes, hors des sentiers battus, "Cap Aux Bords" se présente comme un rendez-vous de filmeurs, d'artistes, de responsables de petites salles ou tout simplement d'amoureux du cinéma choisissant de faire l’école buissonnière pour préciser ensemble leur rapport personnel à cet art. Ils y comparent leur expérience et leur pratique des outils cinématographiques légers. Ils y affirment la nécessité de films plus artisanaux, moins boursouflés, en prise directe avec le monde, et l’émergence d’un cinéma réalisé souvent dans son plus simple appareil, expression d'un art documentaire construit à l’écart des formatages imposés, en dehors des modalités traditionnelles de production, de diffusion, d’éducation. Ils y débattent des conditions d'existence et de visibilité de ce qui leur apparaît comme le tiers-état d'un cinéma prometteur, espace à défendre où se propage encore et toujours l'idée du 7ème art comme inventeur majeur de formes. 

Empruntant son titre au très beau film de François Guerch, "Cap aux bords" dit clairement notre projet : repenser  l'expérience artistique et le geste cinématographique depuis les  périphéries les plus inventives, à l'écart du spectacle industriel et des grands centres de décision, en leurs failles, dans les aires d'ombre où le cinéma pousse à l'air libre, même courbatu, faisant de Sainte-Livrade pendant huit jours ni plus ni moins qu'une commune vivant en cinéma. 

Pour suivre au plus près l'évolution du programme des Rencontres et vous tenir au courant de leur actualité, rendez-vous régulièrement sur ce site ou sur notre page Facebook : "Rencontres Cinématographiques en Lot-et-Garonne" .

Patrick Leboutte, au nom de toute l'équipe des Rencontres.
Directeur artistique de "Cap Aux Bords", Patrick Leboutte est critique itinérant, essayiste et marcheur ; il enseigne l'histoire du cinéma à l'Insas (Bruxelles). Longtemps animateur des Éditions Yellow now puis responsable de la collection "le Geste cinématographique" aux éditions Montparnasse, il conçoit régulièrement des programmations dans l'esprit de la revue "l'image, le monde" dont il fut le fondateur et le rédacteur en chef, fidèle à la promesse contenue dans "la Sortie des usines Lumière", premier film de l’Histoire, celle de mettre d'abord le peuple au centre de la représentation.

ÉLÉMENTS POUR UN PROGRAMME

"Laissez parler les films entre eux, ils ont des choses à se dire", avait coutume de rappeler Jean Rouch, avec son franc-parler imagé. Il n'avait pas tort : programmer, c'est écrire, mettre des œuvres en présence, les faire rimer, ricocher, rebondir, pour qu'elles s'éclairent mutuellement. Mais pas de cinéma non plus, du moins pas d'expérience durable, sans spectateurs capables de nommer ce qui leur arrive devant un écran. Cet exercice prend du temps, requiert de la patience, invite au plaisir des longs échanges permanents. Lors des Rencontres, nous parlons beaucoup et d'abord de la façon qu'ont les films de nous travailler, d'interroger par leur écriture et par leur forme tout à la fois notre part d'humanité et ce qui nous fonde chacun personnellement, raccordant ainsi bouts des uns, éclats des autres, dans un même espace commun. Ainsi ne peut-il y avoir de séance de cinéma idéale sans prise collective de la parole. Telle est la première raison d'être de "Cap Aux Bords". 

 Patrick Leboutte

Le programme de "Cap Aux Bords" est en perpétuelle évolution : ajouts constants, heureuses surprises, nouveaux apports de chacun nous obligent en effet à l'adapter en permanence et c'est tant mieux. Nous n'annonçons sur ce site que ce dont nous sommes absolument sûrs : la suite au prochain numéro, semaine après semaine, notamment via notre page Facebook : "Rencontres Cinématographiques en Lot-et-Garonne".

 Retrouvez notre programmation ici

Quelques axes d'ores et déjà calés dans le bronze : ils définissent notre projet comme notre identité. 

 ARRÊTS SUR HISTOIRE/LE CINÉMA POUR MÉMOIRE (Séminaires et projections). 

Entre utopies et désillusions, abandons et repousses, mythographies et reconfigurations : retours sur quelques chapitres majeurs d'un 20ème siècle préfigurant notre contemporaine désolation. Rapatriés d'Indochine longtemps parqués à Sainte-Livrade ("Mémoire en friche" de Karine Guiho), camps de rééducation dans la première Chine de Mao ("les Âmes mortes" de Wang Bing), Mai 68 en son devenir (séances en présence de Jean-Louis Comolli, Jean-Denis Bonan et sous réserve Jacques Kébadian), révolution roumaine et chute du bloc soviétique (séminaire Andrei Ujica, en sa présence, animé par le critique Arnaud Hée), Tunisie, Cameroun et Congo d'aujourd'hui (Hichem Ben Ammar, Rosine M'Bakam,  Dieudo Hamadi) : le cinéma comme persistance et résistance à l'effacement - où l'on comprendra bien vite que cet art répare, mettant en lumière les sans noms. 

(Du mardi 10 au lundi 16 juillet)

BIENVENUE EN LEHMANIE (Rencontres et projections). 

Le plus prolifique, le plus poétique des cinéastes est Belge, tournant film sur film depuis bientôt 60 ans. Créer ce qu'il vit pour mieux vivre ce qu'il crée : tel est Boris Lehman, seul cinéaste de l'Histoire à pouvoir se flatter d'avoir été présent à toutes ses projections - il a toujours été compris dans le prix, par goût de la rencontre, par sens de l'amitié. A Sainte-Livrade, il nous présentera ses dernières tentatives, entouré de quelques amis, avec surprises à l'appui. Appelons cela le "pot belge", le pot commun. Lui nous dira sans doute qu'il s'agit d'un dernier verre pour la route, qu'il compte arrêter le cinéma, mais nul ne le croira, le propre d'un artiste d'une telle envergure étant toujours de mentir même quand il dit vrai. Projections jusqu'à ce que mort s'ensuive et plus si affinités. 

(Vendredi 13 juillet)

LA FORGE DES OUTILS (Ateliers de réalisation) 

Passage à l'acte. Après tout, à quoi servirait-il d'encourager un cinéma d'appareillage  léger s'il ne s'agissait aussi de proposer à chacun de tenter l'aventure à son tour? On filme tous aujourd'hui et chacun possède son outil,  serait-ce un téléphone portable : victoire à la Pyrrhus des frères Lumière. Car comment filme-t-on, quotidiennement, dans quelle forme, dans quel format, avec qui et pour qui? Dans quelle intention et depuis quelle expression de soi? Ces questions sont prioritairement celles du cinéma. Tous les après-midis, deux équipes (l'une entraînée par Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter, l'autre par François Guerch, tous cinéastes) emmèneront ceux qui le voudront (novices, étudiants, habitants ou "professionnels", tous à égalité) filmer sur les lieux-mêmes de Sainte-Livrade : ses rues, ses bars; son marché, son dancing; le Cafi, la poudrière, sa rivière. A charge pour eux de nous présenter chaque soir les fruits de leur travail, de simples plans ou peut-être même quelques séquences montées, nos actualités cinématographiques en quelque sorte : non plus la terre vue du ciel, mais le monde vu depuis Sainte-Livrade, les pieds au sol. Un maximum de 15 personnes par équipe,  sur inscription. 

(Du mardi 10 au lundi 16 juillet)

SEMAILLES/GERMINATIONS/DÉSIRS DE CINÉMA.

Peut-être la principale singularité de la manifestation : des séances où l'on regarde ensemble des films en cours d'élaboration, en chantier, inachevés et parfois à peine commencés. État d'un montage, rushes de repérages, carnets de notes, tentatives, essais, hésitations et doutes, désirs de films, soit tout ce menu fretin définissant le travail même du cinéma.  Manière de dire que si certes les films terminés nous intéressent, nous concerne davantage l'idée de processus en cours, un acte de création auquel les spectateurs sont d'emblée ici associés, dès l'amont. Manière aussi de démystifier le cinéma, d'offrir à le penser depuis sa matière même : ses questions, ses entrailles, ses viscères, ses fulgurances.

(Du jeudi 12 au lundi 16 juillet). 

 

Utopie 1  Yourte 1   Yourte 2

Cinéma l’Utopie, Sainte-Livrade-sur-Lot